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Corée du Sud : Tesla Korea reconnaît devant les députés n’avoir jamais demandé à l’État de vérifier le FSD

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Vérification FSD Corée, 31 mars 2027

Notre estimation : environ 35 % de chances que le ministère sud-coréen des Transports annonce une procédure officielle de vérification du FSD (scénario haussier), environ 65 % que non.

Le bâtiment de l'Assemblée nationale de Corée du Sud, avec son dôme vert, sous un ciel bleu
Le bâtiment de l'Assemblée nationale sud-coréenne, à Yeouido (Séoul), en juillet 2023.Photo : Cjb8293, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Tesla n’a jamais demandé à l’État sud-coréen de vérifier le FSD, son logiciel d’aide à la conduite le plus avancé, qui reste interdit sur la plupart des Tesla du pays. Seo Yeong-deuk, le patron de Tesla Korea, l’a reconnu jeudi 8 octobre devant la commission des Transports de l’Assemblée nationale, lors de l’inspection annuelle que le Parlement consacre à l’action du gouvernement. « Tesla Korea n’a fait aucune demande officielle de test au ministère des Transports ou à l’Agence coréenne de l’environnement », a-t-il déclaré, selon le site Newspim et le quotidien Electimes. Cette audition était attendue depuis la publication, mardi, de chiffres sur l’absence de tout test public du système.

45 000 voitures sur 230 000 peuvent utiliser le FSD

Interrogé par le député Jang Jong-tae, du Parti démocrate (majorité), le dirigeant a indiqué que Tesla avait vendu environ 89 000 voitures en Corée du Sud entre janvier et fin septembre, dont près de 90 % de Model Y. Sur environ 230 000 Tesla en circulation dans le pays, quelque 45 000 peuvent utiliser le FSD, selon lui, et le système y a parcouru plus de 100 millions de kilomètres sans accident grave notable signalé. Les chiffres transmis par écrit diffèrent un peu : d’après des données remises par Tesla Korea au bureau de Jang Jong-tae et citées par l’agence Yonhap Infomax, seules 53 477 des 238 968 Tesla immatriculées, celles fabriquées aux États-Unis, y ont accès, soit 22 %.

La raison tient au lieu de fabrication. Grâce à l’accord de libre-échange entre la Corée du Sud et les États-Unis, une voiture produite aux États-Unis est admise sur la foi des normes de sécurité américaines. Les autres, dont les Model 3 et Model Y venus de Chine, doivent respecter les règles coréennes, qui ne prévoient rien pour un système comme le FSD. « Notre pays applique clairement des règles différentes selon le lieu de production », a résumé Seo Yeong-deuk.

Prêt à une vérification, mais sans calendrier

Le député a rappelé qu’une disposition du règlement coréen sur les véhicules permet d’appliquer des normes de sécurité étrangères si le ministre des Transports l’accepte, et a demandé si Tesla comptait déposer une demande en bonne et due forme. « Si le ministère prévoit de mettre en place un cadre, nous coopérerons avec lui et nous nous soumettrons activement à une vérification », a répondu le patron de Tesla Korea, sans donner de date ni de calendrier, relève Newspim.

Jang Jong-tae s’en est aussi pris au ministère. « Certains demandent si l’on est revenu à l’époque du régent Heungseon Daewongun », le dirigeant qui avait fermé le pays aux étrangers au XIXe siècle, a-t-il lancé au directeur de la mobilité et de l’automobile, Park Jun-hyung. Sur quelque 240 000 acheteurs, environ 180 000 ne peuvent pas utiliser cette fonction, une « discrimination à rebours » envers les consommateurs, selon lui. Il juge aussi que la future norme internationale DCAS, qui encadre les aides à la conduite où le conducteur garde le contrôle et que Séoul veut adopter, ne suffira pas à autoriser le FSD, et demande au ministère de lancer sans attendre une vérification de sécurité et de dire, d’ici l’inspection de synthèse qui clôt la période d’audit, si une dérogation est possible.

Park Jun-hyung a promis d’« examiner » la question, tout en fixant une limite : « Il n’existe pas de norme internationale pour le FSD. » Selon lui, pour la conduite autonome, c’est le constructeur qui doit répondre des accidents, alors que Tesla maintient une politique où la responsabilité reste au conducteur, ce qui explique que le système n’entre pas dans les normes internationales.

Les poignées de porte aussi sur la sellette

La séance a dépassé le FSD. Le député Hwang Un-ha, du Parti de la reconstruction de la Corée, a évoqué la mort d’un conducteur dans l’incendie d’une Tesla à Anseong, au sud de Séoul, le 10 octobre 2024 : selon un témoin cité dans le rapport d’enquête, il n’a pas réussi à ouvrir la portière, et l’élu affirme que les portes ne s’ouvrent plus ni de l’intérieur ni de l’extérieur quand le courant est coupé. Seo Yeong-deuk a présenté ses condoléances et assuré que les Tesla disposent d’un dispositif d’ouverture manuelle, sans répondre sur un éventuel rappel. En Chine, l’autorité de régulation du marché a annoncé le 21 août un rappel de 2 975 910 Tesla sur cette question, rapporte Electimes. Une association de consommateurs, la Coalition citoyenne pour la souveraineté des consommateurs, a porté plainte contre Tesla Korea le 7 octobre pour violation présumée de la loi sur la gestion des véhicules.

Le député Mo Gyeong-jong, du Parti démocrate, a enfin relevé que sur 7 766 956 plaques temporaires délivrées en cinq ans en Corée, qui permettent à un acheteur de rouler jusqu’à dix jours avant l’immatriculation pour repérer un défaut, une seule concernait une Tesla. Le patron de Tesla Korea a promis d’« examiner activement » la question, selon ChosunBiz. Le dirigeant de BYD Korea, entendu le même jour, a été interrogé sur le transfert de données de clients coréens vers la Chine.

Haussier

Tesla Korea a ouvert la porte : son patron se dit prêt à se soumettre à une vérification officielle dès que l’État en fixe les règles, et revendique plus de 100 millions de kilomètres parcourus sans accident grave notable. La pression vient désormais des députés eux-mêmes, qui parlent de discrimination envers 180 000 propriétaires et pressent le ministère de se prononcer d’ici l’inspection de synthèse. Si une dérogation ou une procédure voit le jour, des dizaines de milliers de Model 3 et Model Y fabriqués en Chine pourraient accéder au FSD, sur un marché où Tesla est la première marque importée.

Baissier

L’aveu fragilise un argument des propriétaires : ce n’est pas seulement l’État qui bloque, Tesla n’a jamais déposé de demande. Le ministère pose une objection de fond, l’absence de norme internationale pour le FSD et la question de la responsabilité en cas d’accident, que Tesla laisse au conducteur. Aucun calendrier n’a été donné. Et la marque doit aussi répondre sur la sécurité de ses poignées de porte, avec un rappel massif déjà mené en Chine et une plainte d’une association de consommateurs en Corée.

Notre estimation : environ 35 % de chances que le ministère sud-coréen des Transports annonce une procédure officielle de vérification du FSD d’ici le 31 mars 2027 (scénario haussier), environ 65 % que non (scénario baissier). Indicatif, pas un conseil financier.

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