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Starlink en Inde : Musk accuse des « oligarques » de bloquer son lancement

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Starlink Inde, 31 mars 2027

Notre estimation : environ 35 % de chances que Starlink lance officiellement ses services commerciaux en Inde (scénario haussier), environ 65 % que non.

Une antenne Starlink plate fixée sur la galerie d’un véhicule, au bord d’une piste en terre sous un ciel nuageux
Une antenne Starlink, l'équipement qui capte Internet par satellite, ici sur le toit d'un véhicule.Photo : Tony Webster, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Elon Musk hausse le ton contre les obstacles qui retardent Starlink en Inde. Mercredi 7 octobre, le patron de SpaceX a accusé sur X des « oligarques » de bloquer l’arrivée de Starlink, le service d’accès à Internet par satellite de SpaceX, sur le marché indien. « Malheureusement, nous sommes bloqués par certains oligarques qui veulent maintenir leur emprise monopolistique sur le peuple indien. Vous pouvez deviner qui ils sont… », a-t-il écrit, avant d’ajouter : « C’est un crime contre le peuple indien ! » Il n’a nommé ni personne ni entreprise, relèvent The Economic Times et India Today.

Musk répondait à un message selon lequel l’Inde a besoin de Starlink pour connecter les régions où les antennes mobiles et la fibre sont difficiles à installer. Ce message citait 11 256 villages encore privés de couverture 4G en mai 2026, rapporte India Today, qui rappelle aussi l’écart entre villes et campagnes : 126,8 abonnements à Internet pour 100 habitants en zone urbaine, contre 48,3 en zone rurale.

Une licence, mais pas encore le feu vert final

Sur le papier, Starlink a franchi plusieurs étapes. L’entreprise a obtenu en juin 2025 sa licence d’opérateur de services par satellite, après Eutelsat OneWeb (avril 2022) et Jio Satellite, filiale du groupe Jio Platforms (octobre 2022), selon le quotidien économique Mint. En juillet 2025, l’agence spatiale indienne IN-SPACe a autorisé sa première génération de 4 408 satellites, d’après The Economic Times. Le journal a révélé le 20 août que Starlink avait déposé une nouvelle demande pour sa deuxième génération, qui inclut la connexion directe des téléphones aux satellites, une précédente demande portant sur 30 000 satellites ayant été rejetée pour non-conformité de certaines caractéristiques et bandes de fréquences.

Starlink se dit prêt

Le même jour, à l’India Mobile Congress, Lauren Dreyer, responsable des opérations commerciales de Starlink chez SpaceX, a affirmé que l’entreprise avait construit 20 stations au sol (les « gateways », qui relient les satellites au réseau Internet terrestre) comptant des centaines d’antennes, et adapté ses contrôles de sécurité aux exigences indiennes, en gardant les données des utilisateurs indiens dans le pays. « Nous sommes prêts à servir l’Inde dès que l’Inde sera prête », a déclaré Lauren Dreyer, selon Mint.

Côté règles, le ministère des Télécommunications a approuvé le mois dernier une redevance d’utilisation des fréquences fixée à 5 % du chiffre d’affaires ajusté des opérateurs de satellites, avec un point de moins pour ceux qui desservent des zones difficiles d’accès (frontières, montagnes, îles), selon des responsables cités par Mint. Cette décision doit encore être validée par le gouvernement, et s’ajoute à une redevance de licence annuelle de 8 %. Le lancement commercial reste toutefois suspendu aux autorisations de sécurité : en août, Mint rapportait que les forces de l’ordre avaient recommandé au bureau du Premier ministre de ne rien autoriser tant que l’Inde n’aurait pas le contrôle de ces systèmes.

Un marché très disputé

Starlink n’est pas seul sur les rangs. Jio prépare sa propre constellation souveraine d’environ 1 600 satellites, Amazon veut y proposer son réseau Leo, et Eutelsat OneWeb compte parmi ses actionnaires le groupe indien Bharti, aux côtés des États français et britannique, selon Mint et The Economic Times. La connexion directe des téléphones aux satellites est un sujet particulièrement sensible pour les opérateurs mobiles traditionnels, qui demandent que les acteurs du satellite soient soumis à des obligations comparables aux leurs, note The Economic Times. Musk n’a pas précisé qui il visait.

Haussier

Starlink a déjà fait l’essentiel du chemin : licence obtenue en 2025, première génération de satellites autorisée, 20 stations au sol construites et données des utilisateurs gardées en Inde, comme l’exigent les autorités. Le cadre économique avance aussi, avec une redevance sur les fréquences de 5 % déjà approuvée par le ministère. Le besoin est réel : plus de 11 000 villages restent sans 4G et les campagnes comptent environ 2,6 fois moins d’abonnements à Internet par habitant que les villes. En haussant le ton publiquement, Musk met la pression sur un dossier lié à l’objectif de connectivité totale affiché par le gouvernement indien.

Baissier

Accuser publiquement des « oligarques » sans les nommer risque de crisper un dossier qui dépend d’abord de l’État indien. Le vrai frein est sécuritaire : les forces de l’ordre veulent un contrôle national des réseaux satellitaires, une exigence qui bloque aussi OneWeb et Jio. La redevance sur les fréquences attend encore le feu vert du gouvernement, et la deuxième génération de satellites, avec connexion directe des téléphones, attend toujours son autorisation. Face à Jio, qui bâtit une constellation souveraine, Starlink pourrait voir le marché indien se structurer sans lui, ou avec des conditions plus strictes que prévu.

Notre estimation : environ 35 % de chances que Starlink lance officiellement ses services commerciaux en Inde d’ici le 31 mars 2027 (scénario haussier), environ 65 % que non (scénario baissier). Indicatif, pas un conseil financier.

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