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SpaceX installe Ship 40, premier Starship récupéré après un vol, dans un hangar de Starbase pour étudier son bouclier thermique

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Bilan de Ship 40, 30 juin 2027

Notre estimation : environ 55 % de chances que SpaceX publie un résumé officiel des enseignements tirés du bouclier thermique de Ship 40 (scénario haussier), environ 45 % que non.

Un technicien sur une nacelle inspecte les tuiles noires hexagonales du bouclier thermique près du nez d'un vaisseau Starship, à Starbase au Texas
Inspection des tuiles du bouclier thermique du vaisseau Starship SN20 à Starbase, au Texas, en septembre 2021.Photo : Lars Plougmann, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

SpaceX a enfin dit ce qu’elle comptait faire de Ship 40. Dans un message publié sur X le mardi 13 octobre 2026 (vers 23 h 50, heure de Bruxelles), l’entreprise annonce que ce vaisseau, le premier Starship à revenir sur son site de lancement après avoir volé, se tient désormais debout aux côtés de trois autres Starship dans un Megabay, l’un des immenses hangars d’assemblage de Starbase, sa base de Boca Chica, à l’extrême sud du Texas. Selon SpaceX, il va fournir des données inédites sur un bouclier thermique de Starship ayant réellement volé, sur ses moteurs Raptor, sur son avionique et plus encore.

Starship est la fusée géante et réutilisable de SpaceX. Elle compte deux étages : le propulseur Super Heavy, qui assure le décollage, et le vaisseau, appelé Ship (Ship 40 est l’un de ces exemplaires), qui poursuit sa route jusque dans l’espace. Le vaisseau est recouvert de tuiles noires hexagonales qui forment son bouclier thermique et le protègent de la chaleur extrême quand il rentre dans l’atmosphère. Ses moteurs s’appellent Raptor, et l’avionique désigne l’électronique de bord qui le pilote.

Un vaisseau qui devait couler

Ship 40 a volé fin juillet 2026, lors du 13e vol d’essai de Starship. À la fin de sa mission, il s’est posé dans l’océan Indien, comme prévu, mais il est resté entier : une première pour le programme. D’habitude, le vaisseau bascule sur le flanc une fois dans l’eau et explose à cause du carburant resté dans ses réservoirs, rappelle le site spécialisé SpacePolicyOnline. Ship 40, lui, a continué de flotter.

Les équipes de récupération l’ont alors remorqué jusqu’à l’île Christmas, un territoire australien de l’océan Indien, après plus de trois semaines de dérive. Les ingénieurs y ont prélevé des échantillons du bouclier thermique, avant de charger ce vaisseau d’environ 52 mètres sur un navire de transport de charges lourdes à destination du Texas. Il est arrivé à Starbase début octobre, environ 75 jours après son amerrissage. Jusqu’ici, SpaceX n’avait pas dit s’il serait étudié, exposé ou mis au rebut.

Le bouclier thermique, point faible de Starship

L’enjeu est de taille. Le bouclier thermique est la pièce qui a donné le plus de fil à retordre à SpaceX : lors de vols d’essai précédents, des tuiles se sont détachées pendant le décollage ou la rentrée dans l’atmosphère. Elon Musk a plusieurs fois présenté un bouclier entièrement et rapidement réutilisable comme l’un des problèmes les plus difficiles qui restent à résoudre pour que Starship puisse voler, se poser et repartir sans longue remise en état. Des échantillons prélevés en mer et les données transmises pendant le vol ne disent pas tout, souligne TeslaNorth : un vaisseau complet dans un hangar permet d’examiner de près chaque tuile, chaque jointure et la baie des moteurs.

SpaceX a déjà récupéré trois propulseurs Super Heavy à Starbase, attrapés en vol par sa tour de lancement, mais encore jamais un vaisseau. Cet examen arrive aussi au moment où la FAA, le régulateur américain des lancements, vient d’ouvrir l’étude environnementale d’un projet de SpaceX qui vise jusqu’à 456 lancements par an depuis Starbase, contre 25 autorisés aujourd’hui. Un tel rythme supposerait des vaisseaux capables de repartir très vite après chaque vol. SpaceX n’a précisé ni la durée de l’examen de Ship 40, ni quand elle en partagerait les résultats.

Haussier

Pour la première fois, SpaceX peut examiner sur la terre ferme un vaisseau complet qui a traversé l’espace puis la rentrée dans l’atmosphère. Aucune simulation ni aucun capteur ne remplace ce retour du terrain : usure de chaque tuile, état des moteurs Raptor, comportement de l’électronique de bord. Ces données peuvent accélérer la mise au point d’un bouclier thermique réutilisable, la condition pour faire revoler un vaisseau rapidement. C’est précisément ce que suppose la cadence de centaines de lancements par an que SpaceX demande pour Starbase, au service de ses satellites Starlink et des missions vers la Lune.

Baissier

Ship 40 a passé environ 75 jours en mer et n’est revenu qu’en grande partie intact : l’eau salée, la dérive et le remorquage ont pu abîmer ce qu’il fallait justement observer, ce qui complique l’analyse des dégâts dus au vol. Un seul vaisseau ne fait pas une statistique. Surtout, l’objectif reste lointain : SpaceX n’a encore jamais rattrapé un vaisseau sur son site de lancement, et le bouclier thermique, qui a perdu des tuiles lors de vols précédents, doit encore prouver qu’il peut resservir sans longue réparation. SpaceX ne promet d’ailleurs aucune date pour partager ses conclusions.

Notre estimation : environ 55 % de chances que SpaceX publie un résumé officiel des enseignements tirés du bouclier thermique de Ship 40 d’ici le 30 juin 2027 (scénario haussier), environ 45 % que non (scénario baissier). Indicatif, pas un conseil financier.

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