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SpaceX demande à la FAA de pouvoir lancer jusqu’à 456 Starship par an depuis le Texas, contre 25 aujourd’hui

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Étude Starbase FAA, 30 juin 2027

Notre estimation : environ 55 % de chances que la FAA publie la version provisoire de l'étude d'impact environnemental sur les 456 lancements annuels de Starship à Starbase (scénario haussier), environ 45 % que non.

Le premier étage Super Heavy de Starship, cylindre en acier, dressé sur le pas de tir orbital contre la tour de lancement de Starbase au Texas
Le premier étage Super Heavy B7 sur le pas de tir orbital de Starbase, au Texas, en février 2023.Photo : Mobilus In Mobili, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

SpaceX veut faire de son site texan un véritable port spatial. Selon un avis de l’Administration fédérale de l’aviation (FAA), le régulateur américain qui délivre les licences de lancement, déposé le mardi 13 octobre 2026 et publié au Federal Register, le journal officiel américain, le 14 octobre, l’entreprise propose d’effectuer jusqu’à 456 lancements et 912 atterrissages par an de sa fusée Starship depuis Starbase, son site de Boca Chica, à l’extrême sud du Texas. Aujourd’hui, elle n’y est autorisée qu’à 25 lancements et 50 atterrissages par an, un plafond approuvé en 2025.

Starship est la fusée géante et réutilisable de SpaceX. Elle a deux étages : le propulseur Super Heavy, qui assure le décollage, et le vaisseau Starship lui même. Les deux sont conçus pour revenir se poser debout sur leur site de lancement, puis repartir avec un minimum de remise en état. C’est pour cela que le nombre d’atterrissages demandé est le double de celui des lancements.

Deux phases, jusqu’à plus d’un lancement par jour en moyenne

Le projet se déroulerait en deux temps, détaille la FAA. Dans une première phase, SpaceX pourrait lancer jusqu’à 100 fois par an et réaliser 200 atterrissages (100 pour chaque étage), à n’importe quel jour et à n’importe quelle heure. La seconde phase, présentée comme celle d’un programme arrivé à maturité et prévue « d’ici plusieurs années », porterait le plafond à 456 lancements et 912 atterrissages, soit plus d’un lancement par jour en moyenne. Les tirs resteraient possibles de jour comme de nuit, mais seulement du lundi au vendredi.

Le chiffre de 912 atterrissages est un maximum qui compte aussi les engins revenant à Starbase après un lancement effectué depuis un autre site. Le propulseur Super Heavy pourrait aussi se poser en douceur dans le golfe du Mexique, que l’administration américaine appelle désormais golfe d’Amérique, ou être sacrifié en vol. Le vaisseau pourrait, lui, se poser en mer ou finir sa course en plein océan. SpaceX demande aussi à étendre ces zones d’atterrissage et de chute du vaisseau.

Une étude d’impact, pas encore une autorisation

L’avis de la FAA n’autorise rien à ce stade. Il lance la préparation d’une étude d’impact environnemental programmatique, c’est à dire une évaluation d’ensemble des effets de toutes les opérations prévues, exigée par la loi fédérale sur l’environnement (NEPA) avant de modifier la licence de lancement de SpaceX. Elle portera notamment sur la qualité de l’air, la faune et la flore, le littoral, le bruit, l’eau et le patrimoine historique. La FAA consulte en parallèle les services fédéraux chargés des espèces protégées, sur terre et en mer. Seule autre option étudiée : ne rien changer, et laisser SpaceX opérer au rythme autorisé en 2025.

Le public peut donner son avis jusqu’au 30 novembre 2026 sur le site fédéral regulations.gov (dossier FAA-2026-12808). La FAA organisera des réunions publiques le 17 novembre à Brownsville, le 19 novembre à Port Isabel, deux villes voisines du site, et en ligne le 18 novembre. Une version provisoire de l’étude sera ensuite soumise à son tour aux commentaires du public, à une date que l’agence ne précise pas.

Haussier

SpaceX passe d’un site d’essais à une vraie cadence industrielle : demander jusqu’à 456 lancements par an, c’est miser sur une fusée qui revole presque aussitôt après s’être posée. Un tel rythme rendrait possibles le déploiement massif des satellites Starlink et les ravitaillements en orbite nécessaires aux missions vers la Lune et Mars. L’étude couvre en une seule fois tous les paliers futurs, ce qui évite à SpaceX de repasser par une nouvelle étude à chaque palier jusqu’à ce plafond.

Baissier

Rien n’est acquis : il ne s’agit que du lancement d’une étude, qui sera suivie d’une version provisoire, de consultations et d’éventuels recours. Le site jouxte des plages et des espaces naturels où vivent des espèces protégées, sur lesquelles la FAA doit consulter les services fédéraux, et chaque étape peut donner lieu à des contestations. Surtout, le plafond de 456 lancements suppose une fusée fiable et rapidement réutilisable, un objectif que Starship, toujours en phase d’essais, doit encore démontrer.

Notre estimation : environ 55 % de chances que la FAA publie la version provisoire de l’étude d’impact environnemental sur les 456 lancements annuels de Starship à Starbase d’ici le 30 juin 2027 (scénario haussier), environ 45 % que non (scénario baissier). Indicatif, pas un conseil financier.

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