La FCC, l’autorité américaine des télécommunications, a autorisé mardi 6 octobre SpaceX à lancer et à exploiter une constellation de 15 000 satellites conçus pour se connecter directement aux téléphones portables, sans antenne parabolique ni boîtier. Cette décision, signée par deux services de la FCC (le Space Bureau et le Wireless Telecommunications Bureau), répond à une demande déposée par SpaceX en septembre 2025 et amendée en novembre 2025. Elle doit servir la nouvelle génération de Starlink Mobile, le service de SpaceX qui relie les smartphones à ses satellites.
Ce que la FCC autorise
Selon l’ordonnance publiée par la FCC (référence DA 26-1078), la demande est accordée en partie, avec des conditions, et une autre partie est reportée. Les 15 000 satellites voleront très bas, entre 326 et 335 km d’altitude, répartis sur neuf couches orbitales. Aux États-Unis, ils pourront fournir une couverture mobile depuis l’espace et un service mobile par satellite. Hors des États-Unis, SpaceX pourra proposer une connexion directe aux téléphones, sous réserve des autorisations de chaque pays.
Point important, la FCC dispense SpaceX, pour deux blocs de fréquences (AWS-3 et AWS-H), de l’obligation de passer un accord de location avec un opérateur mobile terrestre. Concrètement, SpaceX pourra utiliser ces fréquences pour son service par satellite sans passer par un partenaire comme T-Mobile. Le régulateur estime que ces déploiements amélioreront la concurrence et offriront plus de choix aux consommateurs, rapporte PCMag.
Un service qui veut rivaliser avec les opérateurs
Aujourd’hui, la première version de Starlink Mobile est proposée aux États-Unis via T-Mobile sous le nom de T-Satellite. Elle s’appuie sur environ 650 satellites, avec un débit estimé à 4 Mbit/s, selon PCMag. La nouvelle constellation promet jusqu’à 150 Mbit/s par utilisateur, d’après SpaceX, soit des vitesses proches de la 5G. SpaceX envisage de combiner ses satellites avec de petites antennes au sol bon marché pour couvrir aussi les banlieues et les villes, ce qui en ferait un concurrent direct d’AT&T, T-Mobile et Verizon. Une partie du secteur reste sceptique, à commencer par le directeur financier de T-Mobile, note PCMag.
Des oppositions et des conditions
Plusieurs concurrents s’y étaient opposés. Globalstar, Viasat et Iridium ont déposé des demandes de rejet, et des organisations comme DarkSky International ou l’observatoire américain de radioastronomie (NRAO) ont exprimé des inquiétudes sur les interférences radio et la pollution lumineuse. La FCC rappelle qu’elle n’a pas autorité sur la luminosité des satellites, mais exige que SpaceX respecte ses engagements pour en limiter l’impact sur l’astronomie. Elle a aussi reporté sa décision sur la bande 2 020 à 2 025 MHz aux États-Unis.
Le calendrier est encadré. SpaceX doit déposer une garantie financière avant le 4 novembre 2026, mettre en orbite la moitié des satellites autorisés, soit 7 500, avant le 7 octobre 2032, et la totalité avant le 7 octobre 2035. La licence court sur quinze ans à partir de la mise en orbite du premier satellite.
Haussier
Cette autorisation donne à SpaceX le cadre réglementaire pour passer d’un service de secours dans les zones blanches à un véritable réseau mobile. La dispense d’accord avec un opérateur terrestre lui permet de proposer son propre service, sans intermédiaire, avec des fréquences qui lui appartiendront. Un débit annoncé de 150 Mbit/s par utilisateur ouvrirait un marché bien plus large que les SMS et appels d’urgence. Et SpaceX, qui assure déjà la grande majorité des lancements commerciaux américains, a les moyens industriels de tenir ce calendrier.
Baissier
Une autorisation n’est pas un réseau. Il faut fabriquer et lancer 15 000 satellites, dont la moitié avant 2032, et la pleine exploitation des fréquences d’EchoStar dépend de la finalisation de la transaction. Le débit de 150 Mbit/s reste une promesse de SpaceX, à confirmer en conditions réelles. Les concurrents et les astronomes peuvent encore contester certains points, et la FCC a reporté une partie de la demande. Enfin, la relation avec T-Mobile, partenaire actuel devenu concurrent potentiel, pourrait se tendre.
Notre estimation : environ 55 % de chances que SpaceX lance un premier satellite de cette nouvelle constellation de connexion directe aux téléphones d’ici le 31 décembre 2027 (scénario haussier), environ 45 % que non (scénario baissier). Indicatif, pas un conseil financier.
Vote lecteurs
Et vous, haussier ou baissier ?
Merci pour votre vote.
Vote lecteurs, indicatif. Un vote par jour.
Le dossier de la semaineEn PDF et par email, chaque semaine. Gratuit, désinscription en un clic.
Recevoir le dossier de la semaine


