Tesla a publié ce mercredi 21 octobre, après la clôture de la Bourse de New York, les résultats de son troisième trimestre 2026 (juillet à septembre). Son chiffre d’affaires atteint 28,05 milliards de dollars (~25 milliards d’euros), quasi stable sur un an (28,10 milliards de dollars (~25 milliards d’euros) un an plus tôt), selon le document publié par le constructeur. Les analystes interrogés par LSEG attendaient 27,88 milliards de dollars (~24,8 milliards d’euros), rapporte Reuters.
Le bénéfice par action ajusté (calcul « non GAAP », qui exclut certaines charges comme les rémunérations versées en actions) ressort à 0,48 dollar (~0,43 €), contre 0,43 dollar (~0,38 €) attendu par le consensus LSEG. Selon les normes comptables officielles américaines (GAAP), le bénéfice net tombe en revanche à 787 millions de dollars (~700 millions d’euros), soit 0,22 dollar (~0,20 €) par action, contre 1,37 milliard de dollars (~1,2 milliard d’euros) et 0,39 dollar (~0,35 €) un an plus tôt.
La rentabilité recule sous le poids de l’IA
Le résultat d’exploitation, qui mesure ce que rapporte l’activité courante, baisse de 56 % sur un an, à 718 millions de dollars (~640 millions d’euros), soit une marge de 2,6 %. Tesla l’explique surtout par la hausse de ses dépenses dans l’intelligence artificielle et les autres projets de recherche, et par le coût du plan de rémunération en actions accordé à Elon Musk en 2025. Les dépenses de recherche et développement passent à 2,76 milliards de dollars (~2,5 milliards d’euros), contre 1,63 milliard de dollars (~1,5 milliard d’euros) un an plus tôt.
Côté activités, les ventes automobiles reculent de 3 %, à 20,56 milliards de dollars (~18,3 milliards d’euros), et le stockage d’énergie (les batteries géantes Megapack et Powerwall) de 16 %, à 2,88 milliards de dollars (~2,6 milliards d’euros), en partie à cause de remboursements de clients liés aux droits de douane, selon Tesla. Les services et autres activités progressent à 4,61 milliards de dollars (~4,1 milliards d’euros), contre 3,48 milliards de dollars (~3,1 milliards d’euros) un an plus tôt.
Un flux de trésorerie positif, contrairement aux attentes
La surprise vient de la trésorerie. Tesla a investi 4,73 milliards de dollars (~4,2 milliards d’euros) sur le trimestre (en anglais capex, les dépenses en usines, machines et serveurs), alors que les analystes en attendaient environ 7,5 milliards de dollars (~6,7 milliards d’euros), selon Reuters. Résultat, son flux de trésorerie disponible (l’argent qui reste après ces investissements) est positif, à 1,53 milliard de dollars (~1,4 milliard d’euros), alors que le marché prévoyait une sortie nette de 4,92 milliards de dollars (~4,4 milliards d’euros). Tesla disposait fin septembre de 45,4 milliards de dollars (~40,4 milliards d’euros) de liquidités et placements à court terme.
Livraisons, FSD et robots
Le constructeur a livré 486 532 véhicules sur le trimestre, 2 % de moins qu’un an plus tôt, mais davantage que les quelque 461 100 attendus par les analystes, selon Reuters. Il dit terminer le trimestre avec son plus gros carnet de commandes de voitures depuis quatre ans, tout en précisant que la disponibilité des batteries a limité sa production. Ses installations de stockage d’énergie atteignent 13,7 gigawattheures, en hausse de 10 %.
Le FSD (Supervised), l’aide à la conduite avancée de Tesla qui exige toujours la surveillance du conducteur, compte 1,74 million d’abonnements et d’achats actifs, en hausse de 67 % sur un an, et équipe plus de 75 % des voitures neuves livrées en Amérique du Nord. Tesla indique aussi avoir lancé la production de son robot humanoïde Optimus à Fremont, en Californie, et celle du camion électrique Semi au Nevada, et avoir commencé le 3 septembre à Austin des trajets de robotaxi avec le Cybercab, son véhicule autonome sans volant ni pédales. Selon Reuters, l’action gagnait plus de 1,7 % dans les échanges après la clôture, avant la conférence avec les investisseurs prévue à 23h30, heure de Bruxelles.
Haussier
Tesla dégage de la trésorerie alors que le marché s’attendait à une forte consommation de cash : 1,53 milliard de dollars (~1,4 milliard d’euros) au lieu d’une sortie de près de 5 milliards de dollars (~4,4 milliards d’euros). Les livraisons dépassent les prévisions, le carnet de commandes est le plus élevé depuis quatre ans et le FSD devient une vraie source de revenus récurrents, avec 1,74 million de clients. Optimus et le Semi entrent en production, le Cybercab roule à Austin : les paris de long terme commencent à prendre forme, financés par 45 milliards de dollars (~40 milliards d’euros) de réserves.
Baissier
Le résultat d’exploitation fond de 56 % et la marge tombe à 2,6 %, un niveau très faible pour un constructeur. Le chiffre d’affaires ne progresse pas, les ventes automobiles et le stockage d’énergie reculent, et les livraisons baissent encore sur un an. Le bon flux de trésorerie vient surtout d’investissements moins élevés que prévu, ce qui peut n’être qu’un décalage dans le temps, alors que Tesla vise plus de 25 milliards de dollars (~22 milliards d’euros) de dépenses en 2026. Enfin, les batteries manquent pour produire davantage de voitures.
Notre estimation : environ 40 % de chances que Tesla annonce plus de 486 532 livraisons de véhicules pour le quatrième trimestre 2026 d’ici le 5 janvier 2027 (scénario haussier), environ 60 % que non (scénario baissier). Indicatif, pas un conseil financier.
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