Elon Musk a confirmé que TSMC, premier fondeur mondial de semi-conducteurs, discute avec Terafab, son projet de méga-usine de puces destinée à Tesla, SpaceX et xAI. « Juste des discussions, mais quelque chose pourrait en sortir », a-t-il écrit sur X samedi, en réponse à une capture d’écran de la newsletter Culpium du journaliste Tim Culpan.
Le marché a réagi dès la reprise des échanges. Le lundi 5 octobre 2026, l’action TSMC a gagné environ 3 % à Taipei, dans un indice taïwanais en hausse de 2,4 %, selon Reuters. À New York, le certificat américain de TSMC (TSM) a touché en séance un plus haut historique, selon Yahoo Finance, tandis qu’Intel, partenaire déjà annoncé de Terafab, reculait d’environ 2 %.
Ce que l’on sait
Vendredi soir, Culpium a affirmé en exclusivité que TSMC étudiait plusieurs façons de travailler avec Terafab pour faire tourner de nouvelles usines au Texas. Le scénario jugé le plus probable par Tim Culpan : TSMC posséderait et exploiterait l’usine, tandis que SpaceX investirait, s’engagerait sur des volumes de puces, ou les deux, sur le modèle des coentreprises JASM (Japon) et ESMC (Allemagne) du fondeur. Une autre option donnerait la majorité à SpaceX, TSMC apportant l’exploitation et sa technologie de gravure, un schéma qui serait inédit pour TSMC, selon Proactive Investors et Tom’s Hardware.
Toujours selon Culpium, les rumeurs d’un nouveau complexe TSMC au Texas, en plus de ses usines de l’Arizona, sont liées à ce projet. Terafab n’a pas vocation à concurrencer TSMC comme fondeur : l’usine doit fournir exclusivement des puces sur mesure à Tesla, SpaceX et xAI, pour l’IA, les véhicules et les engins spatiaux.
Ce qui reste incertain
Rien n’est signé. TSMC n’a fait aucun commentaire public, et ni le fondeur ni Musk n’ont confirmé de structure d’accord, rappelle Proactive Investors. La question touche aussi Intel : le groupe américain, qui a rejoint Terafab en avril selon Yahoo Finance, devait fournir son procédé 14A, de la classe 1,4 nanomètre. Pour le courtier Wedbush, cité par Proactive Investors, une alliance avec TSMC écarterait vraisemblablement ce procédé, puisque TSMC apporterait sa propre technologie, ce qui serait un recul pour Intel.
L’action TSMC a déjà gagné environ 60 % depuis le début de l’année selon Yahoo Finance (66 % pour le titre coté à Taipei selon Reuters), portée par la demande de puces pour l’intelligence artificielle.
Haussier
Si TSMC accepte d’exploiter Terafab, Musk obtient d’un coup ce qui manque le plus à un nouvel entrant : le savoir-faire industriel du premier fondeur mondial. Tesla, SpaceX et xAI sécuriseraient un approvisionnement dédié en puces IA, moins exposé aux pénuries et aux tensions commerciales. Pour TSMC, ce serait un très gros client captif au Texas. Et la réaction du marché, avec un record historique pour l’action TSMC dès lundi, montre que les investisseurs prennent la piste au sérieux.
Baissier
« Juste des discussions » : Musk lui-même reste prudent, et TSMC ne dit rien. Un schéma où SpaceX serait majoritaire et TSMC simple exploitant serait inédit pour le fondeur, et Terafab pourrait perdre Intel en chemin, quelques mois après l’avoir présenté comme partenaire. Une usine de pointe demande des années et des investissements considérables, et Musk a souvent vu ses calendriers glisser. Tant qu’aucun accord écrit, aucun site ni aucun montant ne sont publiés, l’enthousiasme repose sur une newsletter et un message sur X.
Notre estimation : environ 40 % de chances que TSMC ou SpaceX annonce officiellement un accord Terafab (structure, site ou montant) d’ici le 31 décembre 2026 (scénario haussier), environ 60 % que non (scénario baissier). Indicatif, pas un conseil financier.
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