Starlink, le service d’internet par satellite de SpaceX, est désormais disponible à Curaçao, l’île des Caraïbes néerlandaises située à environ 65 km au nord des côtes du Venezuela. L’entreprise l’a annoncé sur X le mercredi 14 octobre 2026, avec un lien vers une nouvelle page dédiée de son site : « L’internet haut débit à faible latence de Starlink est maintenant disponible à Curaçao ». Elon Musk a relayé l’annonce quelques heures plus tard par un bref « Starlink now available in Curaçao! ».
Le même jour, le ministre du Trafic, des Transports et de l’Aménagement du territoire, Charles Cooper, a confirmé sur Facebook que Starlink avait officiellement commencé ses activités sur l’île : « Aujourd’hui est encore un jour historique pour Curaçao », a-t-il écrit, selon nu.CW, l’Antilliaans Dagblad et le Curaçao Chronicle. D’après nu.CW, des habitants ont indiqué dès mercredi qu’ils pouvaient activer leur abonnement.
Une concession signée une semaine plus tôt
Le lancement intervient une semaine après la dernière étape administrative. Le mercredi 7 octobre, Charles Cooper a signé la concession qui ouvre à Starlink le marché des télécommunications de Curaçao, en présence, par téléphone, d’un représentant de l’entreprise, rapportait alors Curaçao.nu. Le régulateur local des télécoms, la RAC (Regulatory Authority of Curaçao), était chargé d’appliquer la décision, et le service devait pouvoir démarrer au plus tard trente jours après celle-ci. Le dossier avait pris du retard : en mai, la RAC visait encore une réponse formelle début juin, selon l’Antilliaans Dagblad.
Le ministre avait expliqué que Starlink devait respecter les mêmes règles que les autres opérateurs de l’île, notamment en matière d’impôts, de droits d’importation et d’interceptions légales des communications. Lors des discussions avec Rebecca Hunter, responsable chez SpaceX de l’accès aux marchés et du développement de Starlink, il avait aussi été question d’usages au-delà des particuliers : communications en cas de catastrophe, connexions pour les écoles et la santé, et Wi-Fi public dans le centre de Willemstad. Selon Charles Cooper, Starlink voit aussi Curaçao comme un site stratégique, grâce à ses infrastructures de stations au sol déjà en place et au développement de centres de données sur l’île. Rien de concret n’a été annoncé sur ces projets à ce stade.
Pas encore de tarifs officiels
Ni Starlink ni le gouvernement n’ont communiqué de tarifs : le ministre n’a donné aucun détail sur le prix des abonnements ou du matériel, note le Curaçao Chronicle, et nu.CW précise que Starlink n’a fait aucune annonce officielle sur ce point. Le message de Starlink sur X ne mentionnait ni prix ni formules, si bien que les habitants doivent vérifier la disponibilité à leur adresse avant de commander, souligne TeslaNorth.
Curaçao, pays autonome au sein du Royaume des Pays-Bas, dépend aujourd’hui de quelques fournisseurs locaux et de câbles sous-marins, jugés fragiles et coûteux, ce qui rend une solution par satellite intéressante, à la fois comme secours en cas de panne et pour les zones mal desservies. L’île voisine de Bonaire a connu un parcours plus chaotique, rappelle TeslaNorth : les autorités néerlandaises y avaient ordonné à Starlink de cesser ses ventes en juillet 2024, faute de concession, avant de lui accorder fin 2025 une licence de quinze ans pour Bonaire, Saint-Eustache et Saba. Plus au sud, le Venezuela a lui aussi autorisé Starlink le 8 octobre.
Haussier
Starlink ajoute un nouveau marché, ouvert en une semaine à peine après la signature de la concession, avec un soutien affiché du gouvernement local. Sur une île qui dépend de câbles sous-marins vulnérables, l’offre par satellite sert à la fois de secours et d’alternative aux opérateurs en place. Les pistes évoquées avec le ministre (écoles, santé, Wi-Fi public, communications en cas de catastrophe) et l’intérêt de SpaceX pour les stations au sol et les centres de données de l’île pourraient aller au-delà des abonnements des particuliers.
Baissier
Curaçao reste un petit marché insulaire : l’effet sur les revenus de SpaceX sera minime. Aucun tarif n’est encore connu, et le prix de l’antenne et de l’abonnement pèsera face aux offres locales. Starlink doit appliquer les mêmes règles fiscales, douanières et d’interception que ses concurrents, et le précédent de Bonaire montre que la relation avec les autorités néerlandaises de la région peut se tendre. Les projets publics évoqués restent pour l’instant de simples discussions.
Notre estimation : environ 35 % de chances que le gouvernement de Curaçao annonce officiellement un premier projet public avec Starlink (Wi-Fi public, écoles ou santé) d’ici le 31 mars 2027 (scénario haussier), environ 65 % que non (scénario baissier). Indicatif, pas un conseil financier.
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