Dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 octobre, vers 2 heures du matin (heure de Vilnius), des inconnus ont tenté de mettre le feu à des installations du réseau Starlink, l’internet par satellite de SpaceX, à Vilnius, la capitale de la Lituanie. La tentative a échoué. Le Premier ministre lituanien, Mindaugas Sinkevičius, l’attribue à la Russie.
Des antennes et une unité de contrôle visées
Selon Vilmantas Vitkauskas, directeur du Centre national de gestion des crises, SpaceX loue des locaux à une entreprise lituanienne dans le quartier d’Aukštieji Paneriai et y exploite une infrastructure qui fait partie du réseau Starlink. D’après l’agence de presse lituanienne BNS, il s’agit du terrain du centre de données de l’entreprise Delska. Ce type d’installation au sol relie les satellites Starlink au réseau internet terrestre. Selon Vilmantas Vitkauskas, ce réseau assure les communications d’habitants, d’entreprises et de l’armée.
Les auteurs ont tenté de brûler des antennes satellites et une unité de contrôle, a précisé le Premier ministre à la radio publique LRT. Des liquides incendiaires ont été retrouvés sur place, avec des bidons de 3 à 10 litres. L’incendie a été circonscrit. D’après Vilmantas Vitkauskas, l’activité de l’entreprise n’a pas été perturbée, les dégâts sont limités et la liaison Starlink n’a pas été coupée. Les autorités avaient prévenu l’entreprise d’un risque d’attaque un ou deux jours plus tôt, et la sécurité avait été renforcée, a écrit Mindaugas Sinkevičius sur Facebook.
Les suspects sont recherchés et une enquête préliminaire a été ouverte, a confirmé à BNS le service lituanien d’incendie et de secours. Le ministre de la Défense, Robertas Kaunas, a confirmé l’incident sans donner plus de détails. Le Premier ministre réunit ce lundi 19 octobre la Commission de sécurité nationale, qui examinera aussi la chute d’un drone dans le nord du pays ce dimanche. Ni SpaceX ni Elon Musk n’avaient réagi publiquement sur X ce dimanche à 18 h 45 (heure de Bruxelles), selon nos vérifications.
Vilnius accuse Moscou
« Il est probable que l’on sache déjà qui l’a commandité : c’est la partie russe », a déclaré Mindaugas Sinkevičius à LRT, en y voyant un acte de sabotage qui s’inscrit dans la guerre hybride menée par la Russie contre l’Europe. Pour Vilmantas Vitkauskas, cet incident et ceux survenus en Pologne et en Bulgarie relèvent d’une même tentative russe de perturber Starlink pour affaiblir les opérations de l’Ukraine, dont l’armée dépend de ce réseau, comme l’a rappelé l’épisode de la limite de vitesse de Starshield, la version militaire de Starlink.
Troisième attaque en Europe en moins d’un mois
En Pologne, le soir du 23 septembre, deux personnes masquées ont franchi la clôture de la station au sol Starlink de Wola Krobowska, à une quarantaine de kilomètres au sud de Varsovie, ont versé un liquide inflammable et mis le feu aux équipements de commande, selon l’Agence de sécurité intérieure polonaise (ABW). La station, exploitée par l’opérateur public Exatel, sert de relais au trafic internet vers plusieurs pays, dont l’Ukraine, et elle est restée opérationnelle. Le 12 octobre, Varsovie a annoncé l’arrestation en Allemagne de deux ressortissants turcs. « Nous n’avons aucun doute sur le fait que les services de renseignement russes sont derrière cet acte de sabotage », a déclaré le ministre polonais chargé des services de sécurité, Tomasz Siemoniak.
En Bulgarie, dans la nuit du 9 au 10 octobre, deux hommes masqués ont incendié 11 des 17 antennes d’un site lié à Starlink près de Sofia, selon le député d’opposition Ivaylo Mirchev, qui a révélé l’affaire. Le Premier ministre bulgare, Rumen Radev, a confirmé qu’une enquête était en cours, et le ministère de l’Intérieur dit avoir des suspects. Selon le site bulgare Faktor.bg, deux hommes de 20 et 21 ans, porteurs de passeports allemands, ont été arrêtés, ce que les autorités n’ont pas officiellement confirmé.
Haussier
La tentative a échoué : l’entreprise avait été prévenue, la sécurité renforcée, et selon le centre lituanien de gestion des crises la liaison Starlink n’a jamais été coupée. En Pologne, la station visée le 23 septembre est restée opérationnelle et deux suspects ont été arrêtés moins de trois semaines plus tard. En Bulgarie, le ministère de l’Intérieur dit avoir des suspects. Les gouvernements de trois pays de l’Otan traitent désormais les installations de SpaceX comme une infrastructure stratégique à protéger, ce qui conforte la place de Starlink auprès des États et des armées en Europe.
Baissier
Trois attaques en moins d’un mois, en Pologne, en Bulgarie puis en Lituanie, montrent que les installations au sol de Starlink en Europe sont devenues des cibles. En Bulgarie, 11 antennes ont été détruites. L’entreprise visée à Vilnius avait été prévenue, signe que la menace était connue, et le Premier ministre lituanien parle d’actions similaires répétées à travers l’Europe. Chaque site devra renforcer sa surveillance, et le rôle de Starlink dans la guerre en Ukraine continuera d’exposer son réseau européen.
Notre estimation : environ 65 % de chances que les autorités lituaniennes annoncent l’arrestation d’au moins un suspect de la tentative d’incendie de Vilnius d’ici le 31 décembre 2026 (scénario haussier), environ 35 % que non (scénario baissier). Indicatif, pas un conseil financier.
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