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L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’UE menace les entreprises européennes de représailles « dévastatrices » si Bruxelles restreint l’accès de Starlink aux fréquences 2 GHz

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Bande 2 GHz UE, 31 mars 2027

Notre estimation : environ 15 % de chances que le Parlement européen ou le Conseil de l'UE adopte une position qui supprime la priorité accordée aux nouveaux entrants européens dans la bande 2 GHz (scénario haussier), environ 85 % que non.

Le bâtiment du Berlaymont, siège de la Commission européenne à Bruxelles, en fin de journée sous un ciel bleu, avec des barrières bleues et jaunes au premier plan et une cycliste
Le Berlaymont, siège de la Commission européenne à Bruxelles (image d'illustration). Photo : Cbliu, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le Financial Times a publié ce dimanche 18 octobre un entretien avec Andrew Puzder, ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne. Il y avertit que les entreprises européennes s’exposent à des représailles « dévastatrices » de Washington si Bruxelles va au bout de son projet de restreindre l’accès de concurrents américains, comme SpaceX et son réseau internet par satellite Starlink, à une partie du marché européen.

Ce qu’a dit l’ambassadeur

Interrogé sur le risque de représailles, Andrew Puzder a répondu, selon le FT, que les entreprises européennes « devraient se méfier, car cela pourrait arriver et ce serait très dévastateur pour elles », en invoquant la taille du marché américain. « Bruxelles doit être prudente », a-t-il ajouté. L’ambassadeur reconnaît à l’Europe le droit de protéger les informations sensibles de ses gouvernements, mais pas celui d’utiliser la loi pour favoriser ses propres entreprises : « On ne rend pas les entreprises européennes plus compétitives en rendant les entreprises américaines moins compétitives. » D’après les comptes rendus de l’entretien, il n’a pas précisé quelles mesures Washington pourrait prendre.

Une bande qui relie les satellites aux téléphones

Le différend porte sur la bande 2 GHz des services mobiles par satellite, deux tranches de 30 MHz (de 1 980 à 2 010 MHz et de 2 170 à 2 200 MHz). Elle sert à la connexion directe d’un satellite à un téléphone ordinaire, sans antenne spéciale, le marché sur lequel SpaceX pousse son offre Starlink Mobile. Les droits actuels, attribués en 2009 à deux opérateurs dont les licences sont aujourd’hui détenues par Viasat et EchoStar, expirent en mai 2027.

Dans sa proposition de règlement du 27 mai 2026, la Commission européenne découpe la bande en six blocs appariés de 5 MHz (une fréquence pour monter vers le satellite, une autre pour descendre), attribués pour 20 ans. Deux blocs iraient à un système sécurisé pour les communications des gouvernements, contrôlé par des Européens et relié à IRIS², la future constellation de satellites de l’UE. Sur les quatre blocs commerciaux, deux seraient réservés en priorité à de nouveaux entrants européens. Les deux autres restent ouverts à tous, y compris aux opérateurs de pays tiers, et un même candidat ne pourrait pas obtenir plus de deux blocs. Les détenteurs actuels pourraient voir leurs droits prolongés de deux ans.

SpaceX et Bruxelles campent sur leurs positions

SpaceX conteste le projet. Dans une note de quatre pages obtenue par Politico, l’entreprise affirmait plus tôt cette année que le plan priverait les Européens de services fiables de connexion directe aux téléphones et pourrait créer des « problèmes d’interférence à l’échelle mondiale, y compris pour des services d’urgence comme ceux d’Ukraine ». La Commission, citée par le FT, défend un texte qui encourage l’arrivée de nouveaux fournisseurs européens tout en restant ouvert aux opérateurs extérieurs à l’UE. Ni SpaceX ni Elon Musk n’avaient réagi publiquement sur X à l’entretien ce dimanche à 22 h 45 (heure de Bruxelles), selon nos vérifications.

Le texte n’est pas définitif. Au Parlement européen, il est examiné par la commission de l’industrie (ITRE), où la rapporteure Angelika Winzig (PPE) a déposé avec d’autres élus des amendements qui relèvent la barre pour les acteurs non européens, selon Politico. Les États membres doivent aussi arrêter leur position avant un accord final. Ce bras de fer s’ajoute aux tensions autour de Starlink en Europe, quelques heures après la tentative d’incendie d’installations de SpaceX déjouée à Vilnius.

Haussier

Washington s’engage ouvertement pour SpaceX : un ambassadeur qui brandit des représailles contre des entreprises européennes pèse dans une négociation encore ouverte, au Parlement comme entre les États membres. Même dans la version de la Commission, deux blocs commerciaux restent accessibles aux opérateurs de pays tiers, et Starlink, qui a déjà le plus grand réseau de satellites en orbite basse, peut se porter candidat. Les droits actuels peuvent être prolongés de deux ans, ce qui laisse du temps pour obtenir un texte plus ouvert.

Baissier

Bruxelles affiche une volonté politique claire de réduire sa dépendance aux opérateurs américains : deux tiers de la bande iraient en priorité à des acteurs européens, et un même candidat serait plafonné à deux blocs, soit 10 MHz dans chaque sens au maximum pour Starlink. Au Parlement, des amendements cherchent à relever encore la barre pour les acteurs non européens. Une menace américaine publique risque de durcir les positions plutôt que de les assouplir, et l’avenir de Starlink Mobile en Europe dépend de l’issue de ce texte.

Notre estimation : environ 15 % de chances que le Parlement européen ou le Conseil de l’UE adopte une position qui supprime la priorité accordée aux nouveaux entrants européens dans la bande 2 GHz d’ici le 31 mars 2027 (scénario haussier), environ 85 % que non (scénario baissier). Indicatif, pas un conseil financier.

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