Le compte X @tslaming a relayé samedi 24 octobre l’analyse de Ray Wang, fondateur du cabinet Constellation Research, qui a détaillé sur CNBC à quoi pourrait ressembler une fusion entre Tesla et SpaceX. Avant d’y venir, il faut distinguer ce que les deux entreprises ont confirmé officiellement de ce qui n’est, à ce stade, qu’un scénario.
Ce qui est confirmé
Dans son rapport trimestriel 10-Q déposé le 21 octobre auprès de la SEC, le gendarme boursier américain, Tesla écrit que son conseil d’administration « a formé un comité spécial composé d’administrateurs non concernés » pour « explorer l’approfondissement de la relation de Tesla avec SpaceX », ce qui pourrait passer par divers accords, « y compris, sans s’y limiter, un rapprochement d’entreprises » (10-Q, partie II, point 5). Le document ajoute qu’il n’existe « aucune assurance » qu’une telle opération aboutisse : elle exigerait la recommandation favorable du comité et, le cas échéant, l’accord des actionnaires. SpaceX a publié une mention parallèle dans son propre rapport trimestriel, selon Yahoo Finance et Law360.
Elon Musk, qui dirige les deux groupes, avait déjà annoncé ces comités lors de la conférence de résultats de SpaceX du 20 octobre, en se disant favorable à l’idée mais en précisant qu’aucune condition n’était arrêtée, comme nous l’avions rapporté. Le même 10-Q chiffre les liens existants : au troisième trimestre, Tesla a facturé à SpaceX 221 millions de dollars (~197 millions d’euros) de batteries stationnaires Megapack, et SpaceX lui devait 729 millions de dollars (~651 millions d’euros) au 30 septembre, dont 588 millions de dollars (~525 millions d’euros) pour des Megapack pas encore livrés. Tesla détient aussi une participation d’environ 2 milliards de dollars (~1,8 milliard d’euros) dans SpaceX, acquise en mars (10-Q, note 13 ; Yahoo Finance).
Ce qui relève du scénario et de l’analyse
Sur CNBC, Ray Wang a esquissé une opération dans laquelle les actionnaires de Tesla recevraient environ 0,7 action SpaceX pour chaque action Tesla. Elon Musk détiendrait alors, selon lui, environ 37 % du capital et 56 % des droits de vote de l’ensemble, grâce aux actions à droits de vote multiples de SpaceX (Benzinga, Tech Insider). Il a aussi évoqué un objectif de 300 dollars par action SpaceX (CNBC). Ce sont les chiffres d’un analyste : ni Tesla ni SpaceX n’ont publié de parité d’échange, de prix ou de calendrier.
Le message de @tslaming va plus loin que les sources vérifiables, notamment sur la part de votes actuelle de Musk chez SpaceX et sur une valorisation récente de 155 dollars par action. Nous n’avons pas trouvé deux sources fiables pour ces deux points, nous ne les retenons donc pas comme des faits.
Haussier
Le sujet n’est plus une rumeur : il figure dans un document déposé à la SEC, qui engage la responsabilité de Tesla. Les deux groupes travaillent déjà ensemble, des Megapack au projet de puces Terafab, et une fusion supprimerait les conflits liés aux transactions entre parties liées. Pour les partisans, un ensemble unique pourrait mieux financer l’IA et la robotique.
Baissier
Rien n’est signé et Tesla écrit noir sur blanc qu’aucune opération n’est assurée. Le scénario de Ray Wang donnerait à Musk la majorité des votes avec environ 37 % du capital, ce que des fonds pourraient contester en justice. Il faudrait aussi l’accord des actionnaires et, probablement, un examen de concurrence.
Notre estimation : environ 35 % de chances que Tesla et SpaceX annoncent un accord définitif de fusion d’ici le 30 juin 2027 (scénario haussier), environ 65 % que non (scénario baissier). Indicatif, pas un conseil financier.
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